Plus de deux ans aprés un album éponyme, Hoba Hoba Spirit est à nouveau prêt à marquer les esprits les plus rocks, si ce n'est déja fait. “Blad Skizo” ne laisse pas de place au doute, la “haiha attitude” ne ressemble plus ni à une blague ni à une fête entre potes, mais bien à un mouvement de foule assez puissant pour rassembler 30.000 personnes reprenant les enivrants “Bienvenue à Casa” ou “Fine khadi biya khouya”... Ce à quoi viendront trés certainement s'ajouter dans les prochains mois les incandescents “Jamal” ou “Ida N'zour”, cette berceuse oujdie transformée en manifeste rock imparable, une recette que Hoba Hoba s'est accaparée à merveille, comme peu savent le faire. Encore plus flag et jamais entendu, cette aisance à faire ce rencontrer Motorhead et le chant traditionnel allaoui (“El caid Motorhead”), une bombe au refrain détonnant : “this is maroc'n'roll, my rock'n'roll”. Visez un peu ce “Kelb”, l'une des plus belle réussites de l'album, et aussi le tableau le plus noir d'un “blad” schizophrène qui finit par nous pourrir l'ambiance, “ ou l'on court, on court dans la basse-cour sans issus de secours”, sermonne Reda Allali. Hoba Hoba passe la cinquième, dans les textes comme dans les musiques, prend de la hauteur et sait encore mieux pointer là où ça fait mal, comme là où ça fait rire. La forme est, elle aussi soignée. Finie la gravure maison, plus un visuel tape à l'oeil : un verre de noss-nos en guise de métaphore de la schizophrènie... Leur notoriété n'est plus à discuter ici-bas, mais tout reste à faire ailleurs, et Hoba y travaille depuis deux ans. Le groupe a ainsi participé au tournage du prochain film du réalisateurfranco-algérien Djamel Bensalah(“il était une fois dans l'oued”), réalisant pour l'occasion 4 morceaux pour la bande-originale (sortie prévue en octobre). Des concerts à Barcelone et Toulouse, et une sélection officielle pour les 5ème jeux de la francophonie au Niger en décembre.